Quelles mesures et quels enjeux face à la pollution de l’air ?

France. Paris le 2015/06/02Conference de presse de Segolene Royal Ministre de ecologie pour lutter contre la pollution de air.Segolene Royal portrait Ministre d eEcologie

Au lendemain du bras de fer entre Anne Hidalgo et Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie a promis une circulation alternée automatique si la demande émane de la mairie mais aussi de la Région. Suite à l’inquiétante pollution de l’air qui sévit aux abords de la capitale, la maire de Paris a en effet demandé “l’automaticité dans le déclenchement des procédures d’alerte et de circulation alternée”. Quelques indices pour y voir plus clair.

 

À quel moment peut on considérer l’air comme étant pollué ?

En France, le seuil de tolérance est fixé avec un objectif de qualité qui se situe à 30 microg/m3 en moyenne annuelle pour les particules PM10 (de diamètre inférieur à 10 microns). L’OMS, plus drastique que les normes françaises et européennes, fixe sa valeur à 20 microg/m3. Le 1er seuil de recommandation est atteint lorsque la pollution dépasse 50 microgrammes de poussières en suspension par mètre cube sur la journée. En 2014, lors du pic de pollution en Île-de-France, le seuil en question a atteint les 100 microg/m3. Cependant, il s’agit d’un critère purement règlementaire régi par les normes françaises et l’OMS. L’aspect humain doit également être pris en compte, “une personne sensible ne va pas réagir de la même manière qu’un individu en bonne santé ” souligne Pierre Emmanuel Burg, ingénieur au sein de l’association de surveillance de la qualité de l’air Airparif.

 

La circulation alternée : une mesure à l’efficacité controversée ?

Cette mesure a été instaurée suite à un pic de pollution alertant, en 1997, et a été réutilisée à deux reprises en Île-de-France ; en 2014 d’abord, puis en ce début novembre. Un système qui semble faire ses preuves, permettant “des baisses entre 6 et 10 % des niveaux de pollution en Île-de-France” comme l’affirme Pierre Emmanuel Burg. Efficace, la mesure n’en reste pas moins impopulaire et loin de faire l’unanimité : certains spécialistes sanitaires n’y voient pas une solution de fond, un constat partagé par Airparif qui estime qu’un “système de vignettes est sûrement largement plus pertinent”.

 

Quelles mesures doivent être prises ?

Pour Pierre-Emmanuel Burg, “il faut agir sur la pollution chronique, c’est à dire celle de tous les jours”. Ségolène Royal, elle, a présenté une série de mesures avec un seul objectif : rendre les villes respirables d’ici cinq ans, en réduisant de manière pérenne les niveaux de pollution. Parmi ces mesures, on retrouve le fameux système des pastilles écolos permettant de favoriser les véhicules moins polluants suivant la couleur de la vignette imposée sur le pare-brise du véhicule. Également envisagée parmi la liste de propositions de la ministre : une indemnité kilométrique vélo, aussi prévue par la loi de la transition énergétique, s’élevant à 25 centimes par kilomètre roulé. Très attendue, la mesure phare de ce projet reste la réduction progressive de l’écart de fiscalité entre gazole et essence. Ségolène Royal s’est fixée un délai de cinq ans pour essayer de sortir du diesel ; concrètement, il s’agit de relever chaque année d’un centime les taxes sur le diesel et d’abaisser d’autant celles sur l’essence.

 

Le coût de la pollution de l’air s’élèverait à plus de 100 milliards d’euros par an.

 

Quel est le coût de la pollution pour la France ?

Un rapport de la commission d’enquête du Sénat publié durant l’été 2015 a évalué le coût de la pollution de l’air à plus de 100 milliards d’euros par an. Cette évaluation intègre non seulement les dommages sanitaires de la pollution mais également ses conséquences sur les bâtiments, les écosystèmes et l’agriculture. Selon ce même rapport, les particules fines et l’ozone, deux des principaux polluants atmosphériques, sont à l’origine de 42 000 à 45 000 décès prématurés par an en France.

 

Image en une : © Vernier / JBV News.

Articles liés

Top