Pour une politique européenne énergétique

Quelles sont les sources privilégiées d’énergies renouvelables en Europe ?
En pourcentage et de longue date, c’est l’énergie hydraulique.
En plus fort développement ces dernières années, c’est l’éolien pour la production électrique. Les projets les plus récents tendent à une nouvelle génération d’éolien off shore sur plusieurs sites en Europe : aujourd’hui le Danemark, demain la Grande-Bretagne ou encore la Côte du Pays de Caux, en Haute-Normandie. Mais, à n’en pas douter celle qui part de plus loin, mais qui pour moi a le plus d’avenir, c’est l’énergie solaire photovoltaïque. Pour ce qui est de la production de chaleur, c’est indéniablement la biomasse et le développement du biogaz, sans oublier les biocarburants dans les transports ou l’avenir des voitures électriques.
Au-delà de la fixation d’objectifs communs, une politique européenne des énergies renouvelables est-elle possible ?
La fixation d’objectifs communs représente pour l’Europe une première ambition. Le Plan climat européen ambitionne pour 2020 l’objectif du “20-20-20” : réduction de 20 % de la consommation énergétique, taux de 20% d’énergies renouvelables, diminution de 20 % des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Mais au-delà, une véritable politique européenne de l’énergie, comprenant bien sûr les énergies renouvelables, est non seulement souhaitable mais possible depuis le traité de Lisbonne. Les origines de l’Union européenne n’étaient-elles pas précisément énergétiques avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) ?

L’Europe en tirera une sécurité énergétique, davantage de compétitivité économique et bien entendu une garantie en matière de durabilité. Pour ce faire, c’est un véritable espace Schengen de l’énergie que l’Europe doit bâtir avec un plan européen d’actions de sécurité et de solidarité énergétiques passant par une meilleure interconnexion des réseaux.
Quelle place occupe l’Europe en matière d’énergies renouvelables par rapport à la Chine et aux Etats-Unis ?
La place des énergies renouvelables en Europe est largement supérieure à celle qu’elle occupe en Chine ou aux Etats-Unis et c’est bien l’un des éléments des discussions annuelles sur le réchauffement climatique.
Pour autant ces deux grands pays ne sont pas inactifs. Pour ne prendre que l’exemple du photovoltaïque, la Chine concurrence fortement l’Europe pour la fabrication des panneaux qu’elle exporte même si dans ce domaine, en Europe, les choses vont bon train. En effet, l’Allemagne s’affirme depuis déjà deux décennies comme un leader d’envergure mondiale. Quant à la France, son secteur photovoltaïque est en voie de structuration. La recherche et le développement auraient à mon avis tout à gagner à être élevés à l’échelle européenne.
Les énergies renouvelables contribueront-elles demain à l’indépendance énergétique de l’Europe ?
L’Europe a pour objectif la réduction d’ici à 2020 de 26 % de ses importations d’énergie qui représentent 54 % de sa consommation actuelle. La part des énergies renouvelables est amenée à y contribuer fortement : de 9 % aujourd’hui, elle doit atteindre 20 % en 2020. Pour 2050, les avis divergent. 100 % d’énergies renouvelables signeraient une indépendance maximale mais ne me semblent pas réalistes. Plus probable est la coexistence d’un mix énergétique où les énergies renouvelables se seront largement développées près de l’énergie nucléaire, du gaz ou du charbon propre.

Propos recueillis par Olivier Sourd

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