Patrick Ollier : « La Métropole est une chance ! »

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Président de la nouvelle institution de la Métropole du Grand Paris, le député-maire de Rueil-Malmaison, ancien ministre chargé des relations avec le Parlement, se déclare prêt à "brûler les étapes" pour que la structure prouve son utilité par l'exercice des compétences.

Quels seront les objectifs prioritaires de votre début de mandat ?

La construction de la Métropole est un défi passionnant car tout est à faire… à partir seulement d’un texte de loi ! Dans un premier temps, il s’agit de mettre sur pied l’ensemble des moyens qui vont lui permettre de fonctionner le plus rapidement possible, car nous n’avons pas de temps à perdre. Dès le vendredi 29 janvier, l’ensemble de l’équipe élue s’est réunie pour envisager les premières actions à conduire et préparer la mise en oeuvre de la Métropole, dans le cadre d’un calendrier à moyen terme et des objectifs prioritaires que nous nous sommes fixés, tant sur le plan politique que technique. Il en va de même avec la Mission de Préfiguration, dirigée par le préfet Lucas, qui nous sert de support pour le démarrage du fonctionnement de notre système administratif.

Pour l’heure, la priorité va aux finances et plus précisément aux attributions de compensation provisoire que l’on doit rendre aux communes, à hauteur de 3,7 milliards d’euros. Pour Gilles Carrez, le vice-président délégué aux Finances, la deuxième phase du travail a consisté à préparer la maquette budgétaire de la Métropole en vue du vote du budget, qui a eu lieu début avril. En ce sens, des échéances sont déjà fixées dans le cadre des quatre compétences
obligatoires de la MGP que sont :

– la politique locale de l’habitat ;
– la protection et la mise en valeur de l’environnement ;
– l’aménagement de l’espace métropolitain ;
– le développement économique, social et culturel.

A titre personnel, je préfère “brûler les étapes” sur la mise en place de la Métropole afin que nous puissions exercer nos compétences le plus rapidement possible, et apporter des réponses concrètes aux interrogations des sept millions d’habitants qui se trouvent dans notre périmètre.

En dépit de votre proximité politique, la nouvelle présidente de la région Île-de-France n’est pas très intéressée par la Métropole du Grand Paris, qu’elle ne veut pas voir concurrencer l’exécutif francilien. Comment allez-vous vous y prendre pour améliorer le climat ?

Les interrogations de Madame Pécresse sont légitimes, elle a une conception de la Métropole qui est différente de celle qui a été créée par la loi. Toutefois, la MGP n’a pas vocation à se substituer à aucune autre collectivité, que ce soit la Région ou la Ville de Paris. En tant qu’intercommunalité, sa mission est de travailler uniquement pour les communes qui la composent : ma principale préoccupation est donc que l’ensemble des maires concernés puisse rapidement percevoir les résultats de notre action. En quoi cela poserait des problèmes à la Région ? C’est la collectivité supérieure, qui regroupe 12 millions d’habitants dans un périmètre beaucoup plus grand, avec des compétences bien plus précises et plus vastes que les nôtres. Elle doit donc porter à la Métropole le même soutien qu’aux autres collectivités de son territoire.

La Métropole est une chance, y compris pour la Région, puisqu’elle permet d’exprimer les objectifs de 131 communes d’une seule et même voix. Je voudrais dire aux pessimistes et à ceux qui ont des doutes, que l’expérience démontrera que les conflits et les confrontations n’auront pas lieu d’être, d’autant plus que j’ai une confiance totale en la compétence de Valérie Pécresse. La MGP ne veut pas se construire contre la Région, mais dans un partenariat actif et utile à l’intérêt public.

Ne sera-t-il pas difficile de rendre “lisible” au plan international l’activité d’une Métropole qui, vue de Singapour ou de Brasilia, pourrait être facilement confondue avec la ville de Paris ou la région Ile-de-France ?

Ce point mériterait justement un travail commun entre la Ville de Paris, la Région et la Métropole. Notre intérêt est de rendre nos 131 communes les plus attractives possibles pour inciter les investisseurs à s’y implanter : cet objectif ne sera atteint qu’à condition de faire converger tous nos efforts. Aujourd’hui, l’entité la plus visible de toutes est incontestablement la Ville de Paris : elle sera donc le porte-avion de ce que la Métropole pourra faire en synergie pour
l’ensemble de ses maires, tout en renforçant les relations internationales à l’échelle de l’Île-de-France. C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que j’ai confié la vice-présidence aux Relations Internationales à Anne Hidalgo, la maire de Paris étant la plus “lisible” des membres de la Métropole à l’étranger.

Ce que je souhaite avant tout, c’est que l’on réussisse pour les sept millions d’habitants dont la loi nous confie la responsabilité. C’est la raison pour laquelle j’ai mis de côté mes idées politiques, comme mes collègues de tous les partis, pour créer une gouvernance partagée dans le respect des différents groupes. Je pense que cet effort
commun mériterait d’être davantage mis en lumière, car le fait d’y être arrivé dans le cadre d’un projet aussi ambitieux que la MGP a d’autant plus de sens.

Les représentants des 131 communes réunis sous votre autorité vont devoir beaucoup travailler pour “inventer” cette nouvelle collectivité, ses usages, sa fiscalité, etc… Est-ce que cela ne se fera pas au détriment du “devoir de proximité” qui est celui des élus locaux ?

Pas du tout. J’ai affirmé dès le départ ma volonté d’une Métropole stratège qui puisse assurer sa mission de proximité, reposant sur le couple commune-territoire, qui sera notre interlocuteur principal en matière de coordination, d’harmonisation, ou encore de mutualisation. Nous sommes une assemblée de maires et la MGP fera le nécessaire pour que la libre administration des communes soit respectée. L’intérêt de se regrouper prend d’autant plus de sens face aux décisions fortes que nous serons amenés à prendre : il vaut mieux décider une seule fois pour 131 communes qu’inversement ! Ce fonctionnement va vers davantage de simplification et de clarification des compétences, contrairement à “la couche supplémentaire au millefeuille” que dénoncent les détracteurs. Comme souvent, ce sont ceux qui connaissent mal le dossier qui en parlent le plus savamment. Enfin, au niveau du bureau métropolitain, nous avons décidé unanimement au démarrage qu’aucun élu ne touchera d’indemnités tant que les instances et le fonctionnement de la Métropole ne seront pas effectifs. C’est une mesure qui a du sens, non ?

Copyright photo : © Ville de Rueil-Malmaison / Paul Martinez

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