Les rythmes scolaires : véritable serpent de mer

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Le jeudi 8 juin, les Sénateurs, Jean-Claude Carle (LR), Thierry Foucaud (CRC), Mireille Jouve (RDSE-R) et Gérard Longuet (LR) ont présenté leur rapport sur la réforme de la gestion du temps à l’école : bilan et préconisations.

Timing parfait. Les élus émettent des suggestions quand le gouvernement veut faire évoluer les choses. Généralisée à la rentrée 2014, la réforme des rythmes scolaires a d’emblée attiré des critiques, générant des inquiétudes encore persistantes. Aujourd’hui, la semaine des enfants se compose de 24 heures réparties sur 9 demi-journées de 5h30 avec une pause méridienne de 1h30. Une ou deux demi-journées sont allégées avec des ateliers périscolaires d’au moins 1h15 à 1h30. Un planning qui risque de bouger puisque le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer souhaite mettre en route divers changements pour la rentrée de septembre.

Pour beaucoup, la réforme de 2013 reste incomplète. C’est pourquoi le groupe de travail sénatorial préconise d’élargir la réflexion à l’année scolaire plutôt que de s’en tenir à une analyse centrée sur la journée. Les difficultés en matière de ressources humaines et d’organisation du temps scolaire sont également pointées du doigt. En effet, les collectivités ont dû faire appel à des intervenants extérieurs pour plusieurs activités périscolaires: défis de recrutement et mise en place de contrats précaires avec un personnel pas toujours formé ont notamment été relevés. Jean-Paul Carle évoque aussi des soucis d’ordre financier qui perdurent avec des aides couvrant seulement la moitié des coûts.

Point positif de la réforme: l’esquisse d’un dialogue, que les sénateurs ont encouragé en appelant tous les partenaires à se mettre autour de la table pour débattre.

 

Renouer avec la stabilité et la souplesse…

Catherine Morin-Desailly espère que le projet du gouvernement n’aboutisse pas à une nouvelle désorganisation pour les élus ni ne constitue une manière détournée de diminuer la participation financière de l’État. Le groupe de travail désire de la stabilité et recommande le maintien de la semaine de 4 jours ½. Le sénateur Carle rappelle à ce titre qu’il ne faut pas bouleverser une réforme pour laquelle les élus se sont fortement mobilisés, notamment dans la mise en œuvre des activités périscolaires. Selon eux, revenir sur la réforme de 2013 ne prendrait pas en compte l’intérêt des élèves et serait un mauvais signal envoyé au corps professoral.

En revanche, si le gouvernement ne suit pas cette préconisation, les communes qui souhaitent revenir à la semaine de 4 jours devront instituer un maximum horaire de 5h30 d’enseignement quotidien, impliquant par conséquent une réduction des vacances et la prise en charge de l’ensemble des enfants le mercredi.

En bref, les sénateurs réclament surtout une souplesse dans l’élaboration des emplois du temps scolaire afin de favoriser les initiatives et les adaptations locales, par exemple, la pratique du ski pour les enfants dans les régions montagnardes.

 

… pour l’intérêt exclusif des enfants

Le sénateur Thierry Foucaud estime quant à lui que l’enfant n’apparaît pas suffisamment au cœur du débat. Catherine Morin-Desailly s’accorde pour dire qu’il faut lui redonner toute sa place au sein de la réflexion. « Notre seul objectif est qu’ils vivent mieux leur journée avec des temps bien articulés », souligne également la sénatrice Mireille Jouve.

Les élus regrettent aussi une absence d’évaluation scientifique. Jean-Claude Carle a cité notamment l’exemple des activités périscolaires le vendredi après-midi, une aberration du point de vue du bien être de l’enfant, d’après lui !

Qu’en est-il des lobbies du tourisme ? Pour Jean-Paul Carle, on ne peut pas tout déconnecter, les contextes économiques et familiaux doivent être pris en compte. Pour répondre aux inquiétudes du secteur touristique au sujet de la réduction des vacances d’été, il lance l’idée d’un éventuel zonage en fonction des régions.

Conserver le principe de la réforme et donner davantage de souplesse aux acteurs locaux constituent donc les axes principaux de ce rapport sénatorial. Les élus gardent à l’esprit notre exception française : un nombre de jours de classe inférieur à la moyenne de l’OCDE (144 jours contre 187 jours en moyenne). Au regard des petits danois qui font leur rentrée début août avec un mois de vacances en juillet et une classe qui se termine à 15 heures tous les jours, la France est encore loin des changements d’ampleur en la matière.

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