Les parlementaires « embarquent » pour sauver des vies en Méditerranée

Migrants sur un bateau en mer

Le 8 novembre dernier, la députée Sandrine Mazetier a présenté à la presse le projet qu’elle porte depuis février : la mobilisation de plusieurs élus qui ont accepté de donner une partie de leur réserve parlementaire pour sauver des vies en Méditerranée.

 

L’appel du Capitaine Martinez

Cette initiative de la députée socialiste, ancienne secrétaire nationale du PS chargée de l’immigration, répond à un appel, celui du Capitaine Martinez, témoin quotidien de la mort tragique de personnes navigant sur des embarcations en détresse en Méditerranée. Il a lui-même sauvé des centaines de vies et a décidé de sensibiliser l’opinion et les élus. Après qu’il l’ait interpelée personnellement sur le plateau du Grand Journal, l’élue lui a répondu, le jour même, qu’elle « embarquait ».

Le Capitaine Martinez travaille avec l’association SOS Méditerranée, qui a affrété, grâce aux dons des citoyens, l’Aquarius, un navire de haute mer pouvant accueillir 250 à 500 individus. Depuis son appel, plus de 3 930 personnes sont mortes en Méditerranée. Agir relève donc d’un devoir moral pour les élus qui ont choisi de participer. Au moyen de la contribution des 15 députés et du Groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain, 80 000 euros ont été récoltés, dont 25 000 euros de la seule réserve de Sandrine Mazetier. Cela correspond à une semaine de sauvetage.

 

Rappeler l’urgence humanitaire

La mobilisation de ces députés vise à réagir à cette « mondialisation de l’indifférence », comme le souligne Sandrine Mazetier en reprenant les termes du pape François. La nécessité de s’indigner face à ces morts quotidiens sur nos littoraux, bien qu’elle fasse déjà partie de la morale des marins, doit être intégrée aussi par tout un chacun, a-t-elle estimé.

Le projet s’attache donc à sensibiliser et à « emmener la population » vers cette prise de conscience. L’idée du « pot commun » a en effet permis à chaque député de faire son don à hauteur de ses moyens. Au départ citoyenne, cette initiative a incité les élus à « apporter leur part », explique Sandrine Mazetier. Pour elle, la question de l’urgence humanitaire prévaut sur celle de l’accueil ou de non de migrants : sauver des vies devrait être notre première préoccupation.

 

 

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