Le “mid-term” de François Hollande

La discussion autour de la loi de finances 2014 occupera cet automne une bonne partie du calendrier parlementaire. Le budget proposé par le gouvernement prévoit un montant d’économies pour le moins spectaculaire, tout au moins au niveau des intentions. Alléger de neuf milliards d’euros – soit 1 % du PIB – les comptes de la nation et des collectivités territoriales, cela ne s’est jamais vu, surtout quand la purge s’accompagne d’un tour de vis d’un montant supérieur sur la Sécurité sociale. Mais comme le coup de rabot sur la “partie dépenses” n’exclut nullement de diminuer la “partie recettes” – alimentée par nos impôts – l’État-fourmi sera peu visible et mal récompensé de sa sagesse en termes de popularité. On lui reprochera surtout de pratiquer le “matraquage fiscal”, en tapant sur la tête des représentants des classes moyennes aisées. L’accusation de favoriser la détérioration des services publics ne manquera pas non plus d’être formulée à gauche et même à droite. L’ingestion des potions amères interviendra dans un contexte particulier car la saison des “sondages grandeur nature” arrive. Autrement dit, le temps des élections. En mars, les municipales. En mai, les européennes. En septembre, les sénatoriales. Puis, l’année suivante, les cantonales nouvelle formule et les régionales. Aux États-Unis, on appelle cela le “mid-term” : le rendez-vous avec les électeurs à mi-mandat. Le “mid-term” de François Hollande constituera une épreuve de vérité redoutable, mais pas seulement pour le chef de l’État. Seront aussi soumis à la validation des citoyens, au cours de ce long marathon électoral, la cohésion de la majorité, la difficile reconstruction de l’opposition comme la confirmation ou non des hypothèses sur la montée de l’extrême-droite. Sans parler de l’inefficacité européenne, sans cesse plus aveuglante, dans le traitement des crises internationales…

Tous les paramètres correcteurs, liés notamment à l’image des élus locaux et régionaux, ainsi qu’à celle de leurs partis, joueront certes leur rôle. Mais au final, c’est la capacité de résistance de la “maison Hollande” aux vents multiples et divers de la critique qui sera mesurée. Dans notre système présidentiel accentué par le quinquennat, il n’y a plus d’autre diapason de l’action politique que le volontarisme élyséen, qu’on le déplore ou s’en félicite. Prétendue louvoyante, la ligne du locataire de l’Élysée est apparue de plus en plus précise – et c’est heureux – au fil des dernières semaines, comme en témoigne le désir marqué de renouer avec une politique industrielle fortement inspirée par l’État. Mais, du coup, le procès en “néocolbertisme” de l’équipe au pouvoir pourra être instruit avec art par des adversaires dont le libéralisme est plus manifeste dans l’opposition qu’il n’apparaissait dans l’exercice du pouvoir. Avec beaucoup d’optimisme, vertu plus que jamais nécessaire, on pourra en déduire que la lisibilité du débat démocratique va sans doute progresser à condition que les controverses ne nous ramènent pas aux querelles idéologiques d’autrefois.

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