Le Havre, berceau de l’art moderne ?

Au début du XXe siècle, six collectionneurs havrais révolutionnent l'art moderne. Le Musée du Luxembourg, au Sénat, accueille quelques 90 pièces de leurs collections.

Raoul Dufy – Les régates (1907)

À la faveur de la révolution industrielle, Le Havre connait un essor considérable. Premier port européen pour le café, importateur de coton, de pétrole et de bois précieux, il attire les Parisiens grâce à ses bains maritimes et à son casino. Émerge alors une nouvelle génération d’hommes d’affaires, amateurs d’art et avant-gardistes. Olivier Senn (1864-1959), Charles-Auguste Marande (1858-1936), Georges Dussueil (1848-1926) Pieter Van der Velde (1848-1922) et Franz Edouard Lüthy (1847-1919) fréquentent à Paris les expositions du Salon d’Automne et des Indépendants, les galeries de Druet, Bernheim, Vollard… à la recherche d’œuvres impressionnistes, postimpressionnistes et fauves. Leur esprit d’entreprise les conduit à créer le “Cercle de l’art moderne” en 1906 pour soutenir de jeunes artistes locaux grâce à des expositions, des conférences, des soirées poésie et des concerts. Ils font connaître les jeunes fauves – Matisse, Derain, Van Dongen, Vlaminck, Manguin… entraînés par les locaux Braque, Dufy et Friesz – qui imposeront ainsi Le Havre comme l’un des hauts lieux de leur mouvement. Depuis les collections se sont dispersées dans les plus grands musées du monde, de Londres à New York, de Venise à Zurich. Elles sont réunies pour la première fois sur les murs du palais du Luxembourg, où elles témoignent de l’identité culturelle du Havre au siècle dernier…

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