L’Afrique paie le changement climatique au prix fort

800px-Oxfam_East_Africa_-_A_mass_grave_for_children_in_Dadaab

A quelques semaines du début de la COP21, qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochain, plusieurs personnalités politiques françaises et africaines se sont réunies au Sénat jeudi 6 novembre pour débattre des défis du réchauffement.

« Un rendez-vous lointain ou une promesse lointaine, mais elle se trouve juste devant nous. » C’est par une allusion à peine voilée à la COP21 que Gérard Larcher, président du Sénat, a donné le coup d’envoi à cette journée de tables rondes, centrée sur la problématique du réchauffement en Afrique. Petit pollueur et pourtant « frappé de plein fouet par les conséquences du changement climatique », d’après le sénateur du Nord Jacques Legendre, ce continent ne serait responsable que de 2 à 3 % des gaz à effet de serre. Pour en payer le prix fort d’ici les prochaines années. Car si la croissance économique africaine devrait être « plus élevée pour accélérer son développement», c’est son engagement dans la lutte contre le réchauffement que Gérard Larcher a souhaité mettre en avant. En effet, les défis liés à l’agriculture, à l’énergie ou encore aux ressources forestières sont à ce jour des sujets considérés comme vitaux pour de nombreux pays de l’ouest du continent. Sans parler de bien d’autres problématiques comme la montée des eaux causant l’érosion des côtes, ou encore l’augmentation du nombre de cas de paludisme, de dengue, etc.

Anne Paugam, la directrice de l’AFD a quant à elle davantage souligné le rôle de la France qui « accompagne une vingtaine de pays » en Afrique, et de son investissement financier et humain dans ceux du Sahel. «La mobilisation de nos agences sur le terrain est notre priorité» conclut-elle, comme en écho à l’affirmation de Gérard Larcher évoquant « les liens d’amitié, d’histoire mais aussi les zones d’ombre » de la relation franco-africaine.

Deux tours de table ont ensuite animé cette réunion. Le premier abordait les défis liés à l’agriculture et à la gestion de la ressource forestière, composé entre autre de la ministre de l’Agriculture de la république de Guinée, Jacqueline Marthe Sultan. Cette dernière s’est targuée des efforts fournis par son pays pour réduire à hauteur de 13% la production de gaz à effet de serre, ou encore s’alarmer aussi de l’érosion des zones côtières, lieu stratégique qui regroupe 38% de la population guinéenne et 24% de la production de riz.

Le second tour de table s’est davantage centré sur l’accès aux énergies et ses coûts. Le ministre du pétrole, de l’énergie et des mines de la république islamique de Mauritanie, Mohamed Salem Ould Béchir constatait qu’un tiers seulement du pays avait accès à l’électricité alors que celui-ci avait une superficie deux fois plus grande que celle de la France mais avec une population de plus de vingt fois moins conséquente. Le ministre Mauritanien s’est malgré tout engagé à baisser les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 22,3% d’ici 2030 et à la construction de centrale hydroélectrique, éolienne, solaire et hybride avant 2018.

Clôturant la rencontre sur une note d’espoir, Philippe Lacoste, ambassadeur Français aux Comores, voit quant à lui en l’Afrique, «un lieu de tous les échanges et tous les business de demain». Un vœu qui pourrait bien se concrétiser au vu de l’immense potentiel dont bénéficie le continent en termes d’énergies renouvelables, favorisant l’espoir de le voir devenir un modèle de croissance verte.

Copyright de l’image à la Une : Oxfam East Africa

Articles liés

Top