Favoriser un débat public apaisé avec la participation des citoyens

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Civocracy est une start-up qui aide les collectivités soucieuses d’une meilleure implication citoyenne dans leurs politiques. Elle a présenté récemment son nouveau programme Territoires fédérateurs. La première édition a rassemblé à Paris des acteurs de la vie publique venant de Strasbourg, de Guyane, d’Auvergne Rhône Alpes et du SICOVAL (Sud-Est Toulousain).

Un programme tout neuf pour une jeune start-up

À l’origine, c’est l’aventure commune de trois amis qui se retrouvent en 2015. Benjamin Snow sortait d’un cabinet d’avocats américain, Nicolas Reynolds était ingénieur informatique et Chloé Pahud rentrait en Europe après avoir vécu huit ans en Chine. Cette dernière a expliqué leur premier constat : « les citoyens sont loin d’être désengagés ». Tout le monde demande des conseils autour de soi et partage son expérience avec sa famille et ses amis, notamment à l’aide d’applications de discussions groupées sur smartphone. Le débat est présent partout dans tous les milieux. Seule une poignée de citoyens, cependant, paraît réellement impliquée dans la vie politique, auprès de certains élus par exemple. La place accordée à l’expression de leur avis semble souvent très mince.

Ainsi, les trois co-fondateurs ont développé l’idée de rassembler les moyens intellectuels et techniques disponibles et de les placer au service de l’intérêt général afin de remplir la mission suivante : « restaurer le dialogue ». A partir de Berlin, pour commencer, ils ont animé différents projets de participation et de consultation citoyenne dans les débats politiques en construisant de nouveaux outils.

 

Une nouvelle forme de gouvernance

Civocracy a également mis en place des tables rondes numériques. Sur la plateforme web, des discussions ouvertes à tous permettent aux institutions de reconnaître les missions qu’elles doivent lancer en fonction des besoins de leurs citoyens. Elles donnent à ces derniers la possibilité de faire des propositions, de donner leur avis et donc, de s’engager. Cette participation citoyenne doit aboutir à l’obtention d’un jeu de données et de statistiques transmis aux agents.

Des outils mettent en lumière les suggestions efficaces, comme le « badge » qui fait remonter les messages les plus importants. Le suivi des participations est un processus lent ; la pleine confiance des citoyens envers leurs institutions pour la réalisation des objectifs est primordiale. Si certaines discussions ferment, d’autres sont publiées sur les sites officiels des collectivités, donnant à chacun un droit de regard sur l’avancée des démarches.

La start-up a par exemple engagé un débat entre parents et professeurs sur les rythmes scolaires dans la ville de Lyon. Nice Côte d’Azur et la Guyane ont également été des collectivités pilotes après les événements de 2016 et 2017. À ce jour, l’agence est en contact avec des partenaires nationaux africains. Elle n’exclut pas d’être impliquée dans une future participation citoyenne sur ce continent. L’affaire est à suivre, la co-fondatrice ne peut en dire plus pour l’instant…

 

Valoriser la coopération

Après trois ans de travail en France, aux Pays-Bas, en Allemagne et Belgique, Civocracy a analysé les aspirations des différentes collectivités pour en souligner les corrélations ; la question de l’impact du citoyen est partagée par tous. Avec les réformes territoriales, les collectivités possèdent de plus en plus de compétences tandis que leurs habitants se rendent de moins en moins dans les bureaux de votes. Paradoxalement, la pression citoyenne se fait davantage ressentir avec la multiplication des associations. Les agents internes au sein des institutions ont décidé de réagir afin de procéder à une rénovation. C’est le but du programme Territoires fédérateurs. La mise en commun des idées et du travail des collectivités apparaît donc nécessaire face à l’universalité des problématiques.

Héloise Le Masne, en charge du programme dans son intégralité, en a présenté les spécificités. Quatre collectivités territoriales (Strasbourg, la Guyane, le SICOVAL et la Région Auvergne-Rhône-Alpes) fondamentalement différentes, tant au niveau géographique qu’en termes de population, se retrouvent autour d’une motivation commune. Territoires fédérateurs ouvre une collaboration sur dix mois. Ainsi, elles travaillent ensemble sans jugement. Au sein de webinaires* coopératifs, elles peuvent se donner des réponses entre elles et avancer vers un co-développement. La fédération se met alors en place à trois niveaux : en interne, sur le territoire, et entre les territoires.

 

Une collaboration entre pairs et experts

Les partenaires du programme, Voxe et Visions permettent une expertise bénéfique en vue de l’avancée des démarches vers le numérique, pour gérer les éventuels problèmes éthiques. Visions permet un contrôle des données personnelles. Au sein du programme, les représentants de l’application apportent une sensibilisation aux droits et aux libertés de tous. Les formations lors des webinaires donnent aux collectivités l’accès à la compréhension du potentiel de ces données numériques mais aussi de leur danger, pour une amélioration de la vie citoyenne. L’association Voxe cultive, quant à elle, l’ambition de reconnecter la politique et les jeunes. Leurs actions sont menées vers la dé-dramatisation des débats publics pour maximiser la compréhension et l’appropriation par le public, à l’aide de chatbots mais aussi de formats hors-ligne (débats dans des lycées ou des cafés).

Le programme Territoires fédérateurs propose des échanges entre collectivités, entre paires, ainsi qu’une collaboration avec des experts partageant la détermination de Civocracy : innover ensemble et aider à l’engagement.

 

* conférences en lignes

 

Crédit photo à la une : © CIVOCRACY.

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