Danser le tango : un atout pour les managers !

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Les sociétés ne manquent pas de propositions pour stimuler leurs équipes ! Si les courses d’orientation et les ateliers cuisine sont d’excellentes idées de team-building, le tango, en sollicitant la maîtrise de soi et le sens de l’autre, constitue un vecteur probant pour améliorer la cohésion de groupe.

Tous les vendredis entre midi et deux heures, ils se retrouvent dans une salle près de la Grande Arche de la Défense pour danser le tango argentin. Dans une ambiance bon enfant les amateurs, avertis et débutants, se croisent le temps d’une milonga, terme désignant à la fois le lieu et la danse. Une pause artistique et sportive bénéfique en cours de journée.
 

Le tango c’est tendance

Il faut d’emblée oublier l’image torride qui colle au tango argentin. Car “loin des clichés de séduction fatale, l’utopie tango, c’est la fusion” selon l’ethnologue et journaliste Emmanuelle Honorin. Un jour peut-être, grâce au travail et aussi à certaines prédispositions, on sera à même de réaliser le “huit renversé” comme Richard Gere et Jennifer Lopez dans le film “Shall we dance ?”(1), mais en attendant il va falloir marcher des heures. Car le tango c’est essentiellement de la marche !

Professeur de tango argentin, Charlotte Millour propose des ateliers au sein même des entreprises. Véritable experte formée en Argentine, la jeune femme est convaincue que les codes et les subtilités de cette danse, quand elle est initiée au sein du monde du travail, permet de “favoriser la cohésion de groupe, la gestion relationnelle pour l’efficacité managériale et l’optimisation de la relation hiérarchique.”

 

Pour danser le tango le couple doit être avant tout connecté

Le danseur qui guide, par la posture de son corps et l’énergie qu’il déploie, indique à sa partenaire le sens de la marche, il développe des qualités de leader. C’est pareil dans l’entreprise quand le manager engage ses collaborateurs, il importe qu’il ait confiance en lui. S’il hésite, sa partenaire doutera et ne comprendra pas son intention et il y a de fortes chances pour qu’elle fasse autre chose. Des quiproquos comiques quand on évolue sur la piste de bal, mais plus graves quand ils se produisent dans le monde du travail. Sans compter que l’indécision du chef crée à la longue un certain malaise dans ses troupes. Comme le meneur au bal, le manager doit savoir ce qu’il veut obtenir.
 

Être à l’écoute

Si je ne me mets pas au niveau de l’autre, je ne peux pas l’emmener là où j’ai décidé d’aller. Inversement si la danseuse n’est pas attentive, elle ne peut pas suivre. L’écoute mutuelle est un second pré requis essentiel. Avant le premier pas, le “balanceo” transfert du poids du corps, indique sur quel pied danser. La partenaire doit se concentrer sur ce qu’il lui est demandé, être mentalement présente. Si elle pense à autre chose, elle se déconnecte. “Si le suiveur se trompe (ou bien parce que l’intention du leader n’a pas été clairement entendue ou bien par manque de connaissance technique ou d’attention), le leader doit être suffisamment à l’écoute de l’autre pour se rendre compte de son erreur. Il doit pouvoir utiliser cette dernière pour continuer la danse” remarque Charlotte Millour.
 

Le tango, une posture

Tête haute, le buste avance en premier, la hanche s’aligne, puis le genou et enfin le pied qui suit, la marche du Tango se veut élégante et assurée. Elle permet d’acquérir un maintien et de prendre conscience de l’influence de notre attitude physique sur le jugement des autres.

 

Le danseur qui guide, par sa posture et l’énergie qu’il déploie, indique à sa partenaire le sens de la marche et développe des qualités de leader.

 

C’est la rencontre, l’échange entre deux personnes le temps de la danse. Une improvisation où chacun joue sa partition : l’homme propose un pas, invente un enchaînement et sa partenaire donne corps à cet élan. Les milongas sont des lieux très ouverts où tout le monde est accueilli, quel que soit son âge, sa langue, son milieu social pour communier au tempo des orchestres d’Astor Piazzolla ou encore de Carlos Gardel.

 

(1) Film américain réalisé par Peter Chelsom, sorti en 2004

 


Se soigner grâce au tango : la « tangothérapie »

En Argentine “la tangothérapie” est prescrite pour un très grand nombre de pathologies. De la dépression à la maladie d’Alzheimer en passant par les insuffisances cardiaques. Dans le cas des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, la pratique du tango, pour laquelle il faut déployer sa posture, mobiliser sa concentration et coordonner ses mouvements, permettrait, selon une étude canadienne , d’améliorer leur équilibre et leur mobilité et aiderait à ralentir les symptômes de cette maladie dégénérative. Sans compter les effets de la musique et de la convivialité sur le moral. À Paris et à Marseille, des cours de tango pour personnes atteintes d’un handicap physique existent depuis 2013 . De même, plusieurs centres hospitaliers et instituts spécialisés, comme celui du professeur Jean-Michel Gracies, neurologue et spécialiste de médecine physique à Créteil, proposent déjà ces activités à leurs patients au sein de leurs services.

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