Carole Couvert : une météorite syndicale

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Cette jeune femme n’arbore pas de moustache. Mais c’est une syndicaliste, une vraie. Du genre réformiste, moderne, décontracté. La désormais ancienne présidente – depuis le mois de juin – de la CFE-CGC n’a jamais rien eu d’une notable s’adonnant aux poisons et délices des rites du paritarisme à la française. Elle a toujours jugé le patronat « mal représenté » en la personne de Pierre Gattaz. Plus grave, son franc-parler et son indifférence aux moeurs des apparatchiks de la représentation des travailleurs lui ont valu d’être poussée vers la sortie par sa fédération d’origine, l’énergie. Elle avait besoin du mandat de ses collègues pour solliciter un nouveau mandat à la tête de la Confédération des cadres. Elle ne l’a pas obtenu, en dépit de ses efforts pour être désignée par la base. La première femme présidente de cette organisation quitte la scène. Elle va renouer avec l’exercice du management, son métier, en suivant un « parcours de réinsertion » dans son entreprise, Engie.

 

Pas de nouveau nom

Privilégiant le contact avec les adhérents, Carole Couvert avait eu l’idée bizarre de les consulter sur le changement de nom de leur syndicat, sans recourir à un cabinet spécialisé. Plusieurs milliers de propositions ont afflué sans que ce grand remue-méninges aboutisse. Autre faute politique sans doute, elle a inversé le système de collecte des cotisations en faisant en sorte que les structures régionales alimentent le national et non l’inverse.

Ces soucis internes ont un peu fait oublier un excellent bilan aux élections professionnelles car la progression de la CFE-CGC, au sein du collège « cadres », le plus difficile à « syndicaliser », s’est révélée constante depuis 2013, début de son mandat. Chez Air France, à la RATP ou à Pôle emploi, la CFE-CGC séduit, au point que beaucoup de « non-cadres » rêvent d’y adhérer.

 

Future patronne ?

D’un caractère entier, adepte de la « démocratie participative » notamment sur « l’équilibre du temps » entre vie privée et vie professionnelle, la « présidente sortie » se voit remplacée aujourd’hui par un ingénieur chimiste de 54 ans, François Hommeril.

Météorite du ciel syndical, Carole Couvert ne finira pas parmi les étoiles éteintes. On entendra sans doute parler d’elle à nouveau. Elle ne se voyait pas, au demeurant, vieillir en professionnelle de la défense des salariés. Les responsabilités dans l’entreprise l’attirent plus que la politique. Devenir patronne de filiale, par exemple, ce serait pour elle une autre façon de servir les siens autant que l’intérêt général. À 43 ans, on a la vie devant soi.

 
Image en une : Carole Couvert / © JBV NEWS

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