« Aujourd’hui, tout est à reconstruire »

Photo-Gibbs

Après avoir été dévastée par l’ouragan Irma, la Collectivité d’Outre-mer de Saint-Martin met désormais tout en œuvre pour pouvoir se relever au plus vite de la catastrophe naturelle qu’elle a subie.

Les élus du Conseil territorial se sont réunis début novembre en séance plénière pour la première fois après le passage de l’ouragan Irma. Quels sont les chantiers prioritaires à mettre en place pour la reconstruction de Saint-Martin ?

Les élus du Conseil territorial de Saint-Martin ont été sur tous les fronts depuis le passage du cyclone dévastateur sur l’île. Le chantier est gigantesque : jamais un territoire n’a eu à essuyer un phénomène d’une telle ampleur et notre jeune Collectivité d’outremer a été détruite à 95%. Aujourd’hui, tout est donc à reconstruire : nos écoles, nos maisons, les infrastructures publiques, les réseaux notamment d’eau et d’assainissement … pour une facture qui s’élève au bas mot à 2,5 milliards d’euros, si nous devions nous contenter de reconstruire à l’identique.

Nos chantiers prioritaires sont bien entendu ceux qui vont garantir des services publics opérationnels à notre population, une scolarité normale à nos écoliers, la reprise de leur activité à nos entreprises et de leur emploi à nos salariés… La quasi-totalité de l’économie de Saint-Martin repose sur notre industrie touristique : nous allons donc tout mettre en œuvre pour pouvoir accueillir dans les meilleures conditions possibles, nos premiers touristes pour la prochaine saison 2018-2019. J’ai également tenu à mettre en place une commission, au sein du Conseil territorial de notre Collectivité, pour la gestion des fonds publics et privés que reçoit Saint-Martin. Ceci dans un souci de transparence la plus totale pour nos donateurs, que je tiens d’ailleurs ici à remercier une nouvelle fois chaleureusement au nom de tous les Saint-Martinois.

Vous souhaitez promouvoir « une nouvelle politique économique, volontariste et attractive » pour attirer les investisseurs privés et remettre Saint-Martin sur la voie du développement au plus vite. Comment comptez-vous vous y prendre ? Quels seraient les axes de cette politique ?

La majorité que j’ai l’honneur de conduire au sein du Conseil territorial depuis le mois d’avril dernier a une vision claire des conditions à réunir pour remettre Saint-Martin sur la voie du développement et donc du progrès social. Clichés et fantasmes subsistent à Paris quand il s’agit de la question de Saint-Martin. La réalité est tout autre : nous demeurons l’un des territoires les plus pauvres de la République – devant Mayotte et Wallis et Futuna – qui paye au prix fort la rançon de l’autonomie qu’elle s’est choisie en devenant en 2007, une Collectivité d’outremer régie par l’article 74 de notre Constitution. Il n’y a cependant aucune fatalité à cet état de fait : avec la mise en place d’une fiscalité claire, juste, transparente et attractive, nous serons en mesure d’attirer des investisseurs désireux de participer au redressement de notre économie. Dans quelques semaines, je présenterai officiellement mon « Plan Phoenix » de reconstruction économique et sociale de l’île : un projet de territoire et de société, qui permettra à Saint-Martin de renaître.

Nous travaillons dans une relation d’étroit partenariat avec l’Etat.

Dans quelle dynamique travaillez-vous avec le gouvernement pour la reconstruction de Saint-Martin ?

Nous travaillons dans une relation d’étroit partenariat avec l’Etat. Le Président de la République, le Premier ministre puis les membres du gouvernement qui ont fait le déplacement sur l’île, semblent avoir pris la mesure de l’ampleur de la catastrophe subie par Saint-Martin. Saint-Martin est un territoire aux compétences élargies, un territoire responsable, qui entend que l’on respecte l’exercice de ses compétences. Nous sommes parfaitement conscients que nous avons un impératif d’exemplarité et que nous devons devenir un modèle de résilience. Cela est tout à fait possible si nos partenaires jouent pleinement leur rôle dans l’immense chantier de reconstruction qui nous attend.

Comment faites-vous face à la problématique du chômage qui touche fortement les habitants de l’île ?

C’est un sujet majeur et un sujet d’avenir : il ne faudrait pas qu’à la catastrophe climatique s’ajoute une crise sociale sans précédent à Saint-Martin. Nous avons négocié avec l’Etat plusieurs dispositifs, concernant notamment la prise en charge du chômage partiel, un moratoire sur les dettes sociales de nos entreprises ou l’offre de formation… Le vrai challenge reste bien entendu la reprise au plus vite de notre activité économique : nous mettons les bouchées doubles, encore une fois, pour que notre industrie touristique se redresse pour la prochaine saison.

Ceci dans un souci de transparence la plus totale pour nos donateurs, que je tiens d’ailleurs ici à remercier une nouvelle fois chaleureusement au nom de tous les Saint-Martinois.

Début novembre sur RTL, la ministre des Outre-mer Annick Girardin a affirmé qu’à Saint-Martin « la vie [ avait ] repris ».  Partagez-vous cette opinion étant sur le terrain ?

La vie reprend, même si de nombreuses difficultés subsistent. Je souffre de voir un quart de ma population toujours privée d’eau potable ou de voir mes écoliers avoir classe dans des conditions difficiles… Mais nous les Saint-Martinois, sommes des optimistes et des travailleurs : nous allons faire renaître Saint-Martin, tous ensemble. Le leitmotiv de mon équipe politique est devenu celui de nombreux Saint-Martinois : nous ne lâchons rien !

Copyright de l’image à la Une : Collectivité de Saint-Martin

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