Après les attentats, la vague anti-musulmane ?

France. Paris le 2013/11/30.Manifestation contre le racisme a Paris.Jeunes manifestantes contre le racisme avec des pancartes cotre le racisme © Vernier/JBV NEWS

Au lendemain du 13 novembre, les médias n’ont eu de cesse de souligner le plan d’état d’urgence, le dispositif mis en place contre l’EI, les fichiers S ... mais très peu de ce que subissent certains musulmans de France à la suite des récents attentats. Explications de Marina Belliard, juriste au sein de SOS Racisme.

Comment éviter la stigmatisation et contrer les amalgames dans une nation apeurée ?

C’est l’une des priorités de SOS racisme, une association connue pour son combat contre la discrimination. “Dès le lendemain des attentats du 13 novembre, nous nous sommes réunis pour réfléchir à une campagne adéquate que nous pourrions adopter en réponse à ce qu’il s’est passé ” souligne Marina Belliard, juriste au sein de SOS Racisme. Une campagne nommée “All we need is love” et qui répond aux tueries par un élan d’unité.

Un déchainement de paroles ou d’actes racistes notés par les associations

Face aux appels toujours croissants que reçoit le pôle juridique de l’association, Marina Belliard s’explique : “des permanences juridiques sont organisées tous les matins, nous avons eu beaucoup de signalements d’actes émis à l’encontre, non pas seulement des musulmans mais des arabes présupposés musulmans en raison de leurs origines maghrébines. Les gens vont facilement penser qu’un arabe est musulman alors que ce n’est pas systématiquement le cas. Il y a vraiment deux amalgames édifiants : djihadiste et musulman et arabe et musulman. »
En ce sens, l’information juridique pour aider ces victimes est une priorité pour l’association : « lors de ces permanences, nous informons les personnes de l’accès au droit et expliquons la démarche juridique à effectuer. Par exemple, peu après les attentats, un médecin a refusé de soigner une femme qui portait un foulard : c’est un refus de soin, c’est une discrimination en raison de l’appartenance religieuse, ce n’est pas déontologique ». De plus est, il s’agit d’un cercle vicieux, car les discriminations raciales engendrent et favorisent les replis identitaires.

Quelle communication mettre en place pour éviter ces actes ?

SOS Racisme a donc opté pour une communication principalement verbale : aller à la rencontre des passants, distribuer des tracts, ou encore se rendre dans les établissements scolaires. “Nous sommes aussi dans le souci pédagogique, pour déconstruire les amalgames auprès des écoliers et des élèves de collèges/lycée qui sont des citoyens en puissance. Les discours des parents ont une répercussion directe sur les enfants”.

“Il faudrait un message politique d’unité très fort”.

Pour stopper ce genre de réactions de repli et de peur, une alliance politique semble la bienvenue. Pour SOS Racisme la solution est claire : “le souhait des terroristes est de diviser la nation, c’est d’ailleurs pour cela que l’extrême droite est leur meilleur allié ”.

La montée du Front national joue par ailleurs un rôle déterminant, notamment dans la libération de la parole raciste. A Marina Belliard d’ajouter : “si Marion Maréchal le Pen se permet de dire que les musulmans ne sont pas des Français comme les autres, comment vont-ils pouvoir considérer les musulmans comme leurs semblables ? ” La question reste ouverte.

Copyright photo : © Vernier/JBV NEWS

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